Tribune libre - Ecrit par admin le Mercredi 14 mai 2008 18:46 - 0 Commentaire

Quelle croissance?

Med Toufik Hamiani

On s’y perd dans les chiffres.
Croissance, solde budgétaire positif et un excédent commercial mais aussi une inflation maîtrisée. Voila ce que répètent souvent nos dirigeants.
Est-ce un gage de sûreté socio-économique pour les Algériens? Les chiffres de croissance en Algérie cachent, en fait, une toute autre réalité. Les économistes et chercheurs algériens et étrangers ont apporté les éléments de réponse. A regarder de plus prés,la croissance algérienne est artificielle,une croissance tirée principalement par les recettes des hydrocarbures et la fiscalité pétrolière correspondante. Pays de plus en plus mono exportateur,l’Algérie bénéficie grandement de l’inflation externe qui sévit sur les marchés pétroliers internationaux.
Trois secteurs profitent conjoncturellement de la croissance pétrolière. En premiers lieu le secteur des hydrocarbures lui-même,qui draine l’essentiel des flux d’investissement. En second lieu,le secteur des travaux publics et bâtiment,engagé dans un vaste programme de développement – routes,voies ferrées et logements…- Enfin le secteur agricole,qui tente,au gré des aléas climatiques,de contenir une facture qui ne cesse de grimper.
Il est à noter que la croissance, enregistrée par les secteurs des BTPH et l’agriculture, résulte des possibilités ouvertes par les importations des équipements et d’intrants et par l’accroissement de la dépense publique surtout en matière d’investissement infrastructurel. Des investissements qui profitent,selon les mêmes économistes,aux entreprises étrangères non seulement en termes des marchés et de rentabilité,mais aussi en termes d’emploi. Les travailleurs étrangers,qui sont de plus en plus dans nos villes,sont la preuve vivante. Cette tendance devra se poursuivre vu le problème du déficit en matière du débouché du BTPH en Algérie mais aussi à la faible rémunération des travailleurs étrangers. Quand à l’inflation- dite maîtrisée-,il suffit d’aller dans le détail du panier de la ménagère et demander à celle-ci ce qu’elle pense des prix des produits alimentaires,de celui des transports et plus encore du prix du logement pour avoir une idée précise de l’inflation subie par les Algériens.
Le taux de chômage,avancé par les pouvoirs publics,est un autre chiffre contesté par plusieurs spécialistes. Ramené de30% à moins de13% de la population active. Ce taux de chômage doit être accueilli avec prudence,car même si sur le plan statistique,ces chiffres sont justes,leur contenu est braisé par plusieurs aspects: une grande partie de demandeurs d’emploi –les plus jeunes- sont passés en formation professionnelle après la mise en place de stimulants (bourse…etc),une autre partie est considérée en emploi dés qu’elle a travaillé un mois,une semaine,d’autres sont employés dans des activités saisonnières ou conjoncturelles –agriculture et chantiers et sans couverture sociale - et beaucoup d’autres sont intégrés dans des programmes de solidarité( IAIG, Le contrat de pré emploi –dispositif crée fin 97au profit des sortants de l’université et des instituts,est devenu le PID(prime d’insertion sociale),ESIL -emploi salarié d’initiative locale- est devenu le PAIS(prime d’activité d’insertion sociale)avec toujours 2500 DA par mois et on ne peut même pas les mettre en dépense mensuellement pour raison de lourdeur administrative).
Les TUP à HIMO(travaux d’utilité publique à haute intensité en main d’œuvre – des petits marchés destinés à la création d’un nombre significatif d’emploi et qui ont fait couler beaucoup d’encre à travers plusieurs wilaya de pays,sont devenus activités pour les besoins collectifs). Bref, Moussa hadj est devenu Hadj Moussa malgré les limites de ces trois dispositifs en matière de rentabilité.
La solidarité à 2500DA?Hachma!On ne sait pas encore si c’est le ministre du travail ,par conviction,a laissé tomber ces dispositifs ou c’est le ministre de la solidarité qui à l’intention de gonfler son budget à travers les subventions liées à ce transfert de dossiers.
Ces trois dispositifs nomades risquent un jour de se trouver gérés par les affaires religieuses ou les AE. Qui sait?
On insiste beaucoup sur le terme “prime” qui vient rétribuer un travailleur et qu’il ne faut pas assimiler à l’allocation chômage. Est-ce quelqu’un qui perçoit 2500DA est obligé à travailler toute la journée? Beaucoup de questions restent sans réponses tant que le provisoire dure. Le dispositif relatif à la prime d’activité d’insertion sociale n’est même pas réglementé, la seule circulaire qui le gère,date de 1991(01/91)et c’est caduc.
Aux fins d’une meilleure solidarité,au lieu de faire bénéficier 2000 personnes par wilaya à 2500DA,on fait bénéficier 500 individus à 10.000DA ou 1000 à 5000DA.
Il est temps de faire terme à la précarité. L’emploi en Algérie:que du précaire!
Un rapport de l’ONU-2005-sur les investissements directs étrangers IDE met en garde le gouvernement Algérien en indiquant que les entrées des capitaux peuvent procurer des avantages mais l’ampleur des sorties ultérieures des bénéfices dégagés par l’investissement peut être considérable. Dans bien des pays –fait remarquer le rapport- l’ampleur des transferts de profits dépasse l’entrée des capitaux,d’ou l’intérêt de l’Algérie de sélectionner les IDE qu’elle souhaite recevoir,d’en mesurer les effets attendus et de déterminer les critères de choix de ces investissements.
Le système de mono exportation impose à l’économie nationale de marcher et pour longtemps sur un seul pied;celui des hydrocarbures,et donc il est urgent d’engager une réflexion sur ce peut être une croissance nationale porteuse de développement. Le libre


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