Postit - Ecrit par admin le Samedi 10 mai 2008 11:33 - 0 Commentaire

GRÈVE DE LA FAIM DES SYNDICALISTES DE L’ÉLECTRO-INDUSTRIE A AZAZGA : Les deux parties campent sur leurs positions

Entamée mercredi pour protester notamment contre le licenciement jugé abusif d’un cadre, la grève de la faim de huit membres du syndicat d’entreprise de I’Electro- Industrie d’Azazga, qui emploie 750 personnes, se poursuit. Jeudi, deuxième jour de grève, a vu déferler les autorités locales, un député et des syndicalistes pour des missions de bons offices. C’est à ce titre qu’un médiateur du P/APW de Tizi-Ouzou, accompagné des élus locaux, a tenté en vain de désamorcer le conflit opposant le syndicat à la direction.
Emmitouflés dans des couvertures à même le sol, les grévistes paraissaient fatigués mais déterminés. Des trois revendications énumérées pour surseoir à leur action, à savoir «la réintégration du cadre licencié abusivement, la reconnaissance du droit syndical, la reconnaissance du statut de partenaire social au syndicat de l’entreprise», la pierre d’achoppement est l’exigence du rétablissement dans ses droits du travailleur licencié pour cumul de deux fautes de deuxième degré pour des raisons d’absence. Ce dont ne veut absolument pas entendre parler le P-dg qui qualifie la grève d’illégale arguant qu’elle n’a pas été précédée d’un préavis, «délai qui aurait pu être consacré à la recherche de solutions» Pour ce responsable qui a fait constater par huissier de justice l’occupation illégale des lieux, il existe des voies de recours si le cadre licencié s’estime lésé dans ses droits. Le P-dg se défend, par ailleurs, des accusations d’entrave au droit syndical, réaffirmant sa «disponibilité au dialogue » et son «respect de ce partenaire social», indiquant, au passage, qu’il a mis tous les moyens à la disposition des syndicalistes. Martelant que cette décision n’a rien d’arbitraire car qualifiée par le conseil de discipline et arguant du souci de préserver l’entreprise qui a réalisé, selon lui, des bénéfices durant les cinq dernières années, il promet des solutions aux deux autres problèmes soulevés par les travailleurs mais soutient mordicus qu’une annulation de la décision de licenciement équivaudrait à ouvrir les portes à l’anarchie. C’est une tout autre version des faits que tiennent les grévistes. Soutenant qu’il n’existe pas de préavis pour une grève de la faim, ils lancent un véritable SOS aux autorités compétentes. Selon eux, ce qui est arrivé est la conséquence directe de l’échec du dialogue social au lendemain de leur plébiscite par les travailleurs et aussi de l’émergence d’une nouvelle vision régissant les rapports entre l’employeur et le partenaire social. Ainsi, et à les en croire, les raisons du licenciement de ce cadre «pressenti pour faire partie du comité de participation», sont ailleurs . Les syndicalistes en veulent pour preuve la célérité et la gravité de la sanction, conséquence, selon eux, du bras de fer engagé par la direction de l’entreprise avec eux au lendemain de leur élection le 15 mars. Mettant en avant la bonne moralité et les compétences du cadre «licencié sans avoir auparavant reçu de questionnaire et encore moins de mise en demeure », ils assimilent la décision à «une tentative de brouiller les pistes». L’écrasante majorité des 750 travailleurs de l’entreprise a manifesté mercredi matin entre 11h 30 et 12h sa solidarité avec les grévistes qui disent être mus par l’impérieuse volonté de préserver l’entreprise. Ce pourquoi, ils ont suggéré aux travailleurs une grève quotidienne d’une heure entre 11h et 12h. La réunion prévue aujourd’hui entre les grévistes de la faim et la direction, en présence de tous les partenaires sociaux, pour traiter des trois points de la déclaration, aura-t-elle raison de l’obstination des deux parties sur le sujet du licenciement, une sanction du 3e degré qui n’aurait pas soulevé autant de remous si la commission de discipline avait opté pour la sanction de rétrogradation selon le syndicat ? Au plan sanitaire, les grévistes, qui dorment sur des cartons, ont demandé une assistance médicale d’autant qu’ils comptent parmi eux un diabétique, un hypertendu et un ulcéreux. Nous y reviendrons.
S. Hammoum
Le Soir d’Algerie


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