Edito - Ecrit par admin le Vendredi 25 avril 2008 18:50 - 3 Commentaires

Boat people

0acomoranharragashk9.jpgDéfinition de “boat people par WikipediA : “Les boat-people (construit à partir des mots anglais « bateau » et « gens ») sont des migrants qui fuient leur pays pour des raisons politiques ou économiques sur des embarcations de fortune. Souvent en surcharge et sans sécurité, ces embarcations ont parfois fait de très nombreuses victimes pour cause de noyade, famine et froid.”

Les Harragas algériens sont donc un boat-people !
Il y a moins de deux ans, le nombre de harragas qui ont réussi à atteindre les côtes italiennes ou espagnoles, dépassait à peine quelques dizaines. On ne sait rien de ceux qui ont péri en mer. L’Etat algérien, fortement ébranlé par le phénomène de ces migrations du desespoir, non parce qu’il y compâtit, où qu’il tente de le comprendre, mais parce que ce phénomènel le montre sous son véritable jour, au yeux de l’opinion internationale, a fait un véritable black out sur la question. Aucun chiffre des harragas emprisonnés dans les prisons lybiennes et tunisiennes, ni celui de ceux qui se sont noyés n’a été communiqué à la population.
Ces jeunes algériens qui croupissent dans les geoles lybiennes, dans des conditions atroces, ont été totalement ignorés par la “diplomatie” algérienne, malgré les traitement dégradants, et parfois monstrueux, infligés à nos jeunes compatriotes. C’est à peine si notre Ministère des affaires étrangères bouge le petit doigt, de temps à autre. Simples formalités sans vrai résultat, amplifiées par le préposé aux droits de l’homme du régime, le très prolixe Ksentini.
On découvre, chaque jour un peu plus, que le phénomène des harragas a atteint des proportions plus qu’alarmantes. C’est aujourd’hui par milliers que se comptent les tentatives de ces jeunes désespérés, pour atteindre les côtes européennes. Les nouvelles dispositions pénales, prises par le régime pour endiguer le phénomène, la seule réponse qu’il a pu trouver, celle qui lui ressemble et qui le dépeint dans toutes ses limites, n’ont pas découragé la volonté quasi suicidaire de nos jeunes de quitter leur pays. Quitte à en mourir !
Et Dieu sait que les morts se chiffrent par milliers.
La jeunesse algérienne est donc devenue un boat people.
Il n’y a aucun doute, que s’ils pouvaient tous le faire, car même la harga coûte beaucoup d’argent, nos jeunes s’embarqueraient par millions, vers la citadelle Europe. Ce serait une innombrable armada d’esquifs de fortune qui cinglerait vers des rivages où le rêve est encore possible. Ils ne rêvent pas, comme l’a affirmé le chef du gouvernement, dans des termes ignobles, d’épouser une européenne et de porter des survêtements Lacoste, quelle dérision et quelle petitesse, mais ils partent parce qu’ils fuient un enfer, un régime d’oppression devenu insoutenable. Le régime qui tient notre pays en otage, a tué la vie et l’avenir, il a bouché les horizons, institué le règne de la jungle et ramené l’homme au rang de bête. Quiconque tente de le fuir, à défaut de pouvoir le combattre, fait preuve de salubrité mentale.
Ceux parmi les occidentaux qui doutent que notre pays est devenu un enfer pour toute la jeunesse et qui n’ont jamais vu notre pays, qui fut si beau et tellement chaleureux, seraient étonnés de voir que toutes les fenêtres et toutes les portes de toutes les habitations du pays, hormis celle des quartiers résidentiels de la nomenklatura, sont bardées de fer. Nous avons, entre autres tristes records, celui du pays où il y a le plus de barreaux aux fenêtres, y compris celles situées au 20eme étage. C’est dire ce qu’est devenu ce pays ! C’est dire pourquoi tous ses enfants veulent le fuir.
Djamaledine Benchenouf


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BrahimReply to this comment
avr 25, 2008 23:44

Je reprends mot à mot ce que j’avais écris sur un Forum ami à propos de nos enfants qui préfèrent l’éxil au prix de leur vies :

Sous d’autres cieux, la tragédie des Harragas - pour ne citer qu’elle - aurait provoqué la chute de toute une classe dirigeante. Oui, il y a des pays (Scandinaves par exemple) où lorsqu’un dirigeant a failli à sa tâche, il donne sa démission et il part… Il part et son équipe avec. Par pudeur ou en vertu d’un sens moral élevé des institutions. Chez nous dormez bonnes gens, dormez tranquilles, le pouvoir n’a rien à cirer de ces jeunes qui crient leur désespoir…prenez vos flèyeks et 3oumou bharkoum.
Mais voilà, de nos temps la pudeur est une vertu à classer parmi les valeurs en voie d’extinction, une denrée rare comme le zaâfrane. Nos serrakines ‘d’en haut’ ne s’émeuvent guère des malheurs et de la paupérisation que subissent de plein fouet les algériens toutes strates sociales confondues. Mais de quoi parlent ces gueux impertinents rétorquent-ils? Entre-temps chaque jour que Dieu fait, des dizaines de familles algériennes pleurent leurs enfants disparus au fond des gouffres amers… Et que croyez-vous? Pour nos généraux de pacotille, ce qui leur fait de la peine quand une embarcation coule, c’est le fioul des frégates pour ramener leurs corps…

mahfoudReply to this comment
avr 26, 2008 19:00

arretons de philosopher ou faire des comparaisons avec des pays etrangers le cas algerie est un cas unique au monde le drs les generaux et le pouvoir politique sont la pour leur propres interets et non pas ceux du pays ou de la populace relegué au rang d’esclaves ce sont des criminels qui ont instrumentalisé les gia massacré des centaines de milliers de nos concitoyens c’est (une mafia sans code d’honneur) des criminels sans scrupules c’est un pouvoir pervers qui ne changera jamais ce melange de militaires de harkas d’arrivistes et de pions aux ordres de certaines capitales etrangeres boira jusqu’a la derniere goutte de notre sang pour se maintenir au reines du pouvoir le peuple algerien est leur ennemi certains parmi eux ont des comptes a regler avec ce peuple meurtri pour venger la memoire des harkis massacrés d’autres sont revenus au pouvoir pour regler leurs comptes par clans interposés l’algerie est la plus grande prison a ciel ouvert c’est la plus grosse dictature au monde depuis que le drs a confisqué le pouvoir apres les hommes des cavernes les hommes des casernes ..le cauchemar continue

adminReply to this comment
avr 26, 2008 20:09

Un texte de M.T.Hamiani

INUTILES AU MONDE ?
Exclus du monde scolaire, non intégrés du monde professionnel, ces adolescents –garçons pour l’immense majorité- sont des désaffiliés de la société qui y séjournent sans vraiment appartenir. Il occupent des positions de surnuméraires, en situation de flottaison dans une sorte de no man’s land social, non intégrés et sans doute inintégrables. Ils ne sont pas branchés dans le circuit d’échanges productifs, ils ont raté le train de l’Algérie et restent sur le quai avec très peu de bagages.
Dés lors, ils peuvent faire l’objet d’attentions et susciter de l’inquiétude, car ils posent problème. Problème à l’école donc, mais aussi dans les quartiers, dans les structures socioculturelles ou sportives auxquelles ils ne participent pas mais qu’ils perturbent dans les halls des immeubles qu’ils transforment en lieux visibles d’une sociabilité spécifique.
Les difficultés réelles des différentes institutions confrontées à ces populations et leurs comportements multilatérales des demandes de résolution policière. Or les réponses que peut apporter la police restent ambivalentes. Les missions de pacification sociale n’intéressent pas beaucoup les policiers,qui placent au sommet de l’échelle le travail judiciaire voire le renseignement . La police est en effet une institution qui se caractérise peut être plus que d’autres par le choix de ses missions et la manière dont elle va les exercer. Cette latitude d’action n’est pas forcément en phase avec les sollicitations extérieures. La question des groupes d’adolescents qui stationnent dans les halls d’immeubles ou prés des marchés est de ce point de vue intéressante puisqu’elle est le point de convergence de nombreuses plaintes,tant de la part des particuliers que d’agents institutionnels. Ce décalage entre les demandes d’intervention relativement anodines mais répétées et la poursuite des délits limite l’enthousiasme des policiers pour intervenir. En effet les demandes de régulation des petits désordres excèdent largement les capacités de la police et son savoir faire- ou son savoir être-. Cette intervention solitaire de la police,qui se réduit souvent à une répression sans délits,un contrôle sans infraction,reste très difficile. Dans tous les cas de figure,ces missions restent peu gratifiantes et leur répétition instaure un fort climat de défiance entre les forces de l’ordre et les groupes qu’elles contrôlent. Elles radicalisent et durcissent les positions de chacun,ce qui se traduit d’un coté par la multiplication des violences policières et de l’autre coté par l’augmentation des outrages voire des rebellions,ces deux délits devenant d’ailleurs le plus souvent le seul chef d’inculpation dans ces situations. L’autorité judiciaire est de la sorte enrôlée dans une logique d’ordre public et sommée de prolonger l’action de la police par des sanctions. On assiste à une extension massive de la sphère pénale à des comportements qui n’étaient jusque-là pas poursuivis par la justice,de même qu’un durcissement des peines prononcées pour les petits délits. Pour autant, cette augmentation du nombre d’outrages et le durcissement des relations entre jeunes et police ne résout pas la question initiale, celle des petites nuisances qui avaient déclenché ce type d’interventions. Sous certains aspects,on assiste à une reformulation policière de la question sociale et particulièrement de la question de la désaffiliation. La vision strictement policière de ces problèmes trouve son origine dans les orientations politiques et idéologiques qu’on observe en Algérie alors que les gouvernements successifs n’ont eu en définition que peu de prise sur les transformations du monde du travail ,la relégation spatiale et les désordres urbains qui en ont résulté, ils essayent de réaffirmer leur pouvoir de gouverner par une gestion policière et judiciaire de ces désordres. C’est un tournant important,au lieu de passer d’une approche globale des problèmes( développent social des quartiers,amélioration des conditions de vie des citoyens et prévention de la délinquance),c’est-à-dire de l’idée sociale des causes à l’idée de responsabilité individuelle du délinquant et de choix rationnel. Cette analyse de la déviance des théories économiques du pouvoir présuppose qu’il suffirait d’en renchérir le coût ,en augmentant la répression policière et les peines encourues devant la justice,pour la faire diminuer ou disparaître.
Si ces conceptions sont politiquement très fonctionnelles, elles posent problèmes à moyen et à long terme. La police n’a en effet pas les moyens de juguler la petite délinquance,qui constitue bien souvent ,avec le travail en noir,l’un des seuls modes de sur(vie) des petits groupes exclus durablement du circuit des échanges productifs. En ce sens,il n’est pas certain que les actions spectaculaires des policiers dotés de gilets par balles,résoudront à terme les questions d’exclusion économique et sociale,de qualification professionnelle et de discrimination à l’embauche. Enfin,dans un monde ou les enfants peuvent devenir des délinquants et des marchandises,l’école –avec une éducation à travers de vrais programmes et non un centre d’expérimentation- est le chemin de leur liberté. Il y’a urgence pour que ces enfants aient un meilleur avenir demain et c’est aujourd’hui qu’il faut agir. Hamiani le libre.

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