ZOOM - Ecrit par admin le Lundi 7 avril 2008 20:30 - 0 Commentaire

Les filles “perdues” sont aussi des harragates !

pros1.jpg
Par D.Benchenouf
Le régime sait depuis peu, depuis l’abstention massive aux dernières législatives, depuis l’aggravation du phénomène des Harragas qui risque de démonter leurs façades de pacotille, s’il est montré sous son véritable jour, par les médias du monde, depuis l’émergence d”un mouvement social éminemment politique, même s’il s’en défend, le régime sait depuis tout cela et d’autres indices, que sa survie dépendra du nombre de désespérés dont il aura allégé, un tant soit peu la charge de malheurs. Pour se les rallier, croit-il. Dans la précipitation et le bidouillage. Comme un pompier improvisé qui urine sur un feu de forêt, pour l’éteindre.

Il s’attèle donc, par l’entremise de ses relais destinés à la “populace”, de nouer langue avec les jeunes, avec des discours creux, des projets dans des chas d’aiguille, et des mensonges grossiers.

Ils réagissent de cette façon, la seule qu’ils connaissent en dehors de la brutalité, par instinct
de survie, parce que le phénomène des harragas dérange leurs affaires. Ils n’ont que ce mot à la bouche, ces derniers temps, au point où le crétin profond qui dirige leur télévision unique, a eu l’audace de demander à ceux qui ont réussi la traversée, de revenir dans leurs pays, car leur précisa-t-il, “l’Etat indulgent qui a pardonné aux terroristes, leur témoignera la même mansuétude”. Un discours révélateur. Le régime considère ldonc es Harragas comme des terroristes qui menacent sa stabilité.

Mais ne voient-ils que l’épiphénomène des Harragas? Que n’ouvrent-ils les yeux ! Tout le pays est en train de sombrer dans la misère ou l’ignominie. Ou tu crèves, ou tu crèves les autres pour t’en sortir. La jungle dans son acception la plus brutale.
Veuves, orphelins, indigents, malades chroniques, handicapés, mal logés, chômeurs, victimes d’injustices, c’est par millions que des hommes et des femmes sont quotidiennement meurtris. Mais même s’ils le savent, les maitres ne peuvent pas l’assimiler, car ils vivent dans un monde parallèle.

Voient-ils seulement ces innombrables prostituées qui prolifèrent partout en Algérie, jusqu’aux bastions les plus conservateurs du pays profond ? Un fléau qui était presque inconnu dans notre société. Dans presque leur totalité, ces malheureuses, même si elles étaient pauvres, avaient un famille, des parents aimants, un nom à préserver, une dignité, des rêves de bonheur, avec un mari tendre et des enfants qui gazouillent. Elles ne demandaient rien à la vie qu’un peu de quiétude et de sécurité.

Elles appartenaient à des familles dont le bonheur n’était pas exigeant. Pourtant, elles furent précipitées encore plus bas qu’elle n’étaient. Par la violence et la mauvaise gouvernance. On les priva du peu qu’elles avaient et on les emmura dans un réduit social où ne filtrait pas le moindre rai de lumière. Pas le plus petit coin de ciel.

Ces familles sombrèrent dans des abysses dont on ne peut imaginer l’atroce situation, si on n’y a pas été précipité soi-même. Ces filles qui vendent leurs corps, et qui s’enfoncent dans une débauche sans fin, sont des victimes de ce régime. Mais aussi celle d’une société devenue indifférente à son propre malheur. Implacable pour quiconque trébuche.

Les harragas sont nés du même ventre. De la même oppression. A la différence qu’ils ont une chance, même infime, de fuir l’enfer de leur pays. Un pays qu’ils ne ressentent plus comme le leur. Les Harragas savent qu’ils risquent de mourir lors de la traversée. Mais ils tentent leur chance. Parce que, pour eux, mourir avalé par la mer, vaut mieux que de vivre l’atrocité de leur quotidien.
Les filles qui ont brûlé leur vie, pour manger, sont des harragates aussi. Mais sans la moindre chance de passer à une rive plus accueillante. Ce sont des harragates qui tentent une traversée suicidaire, pour s’en sortir. Sauf que leur suicide dure une vie, une vie de chien, et que l’espoir du bonheur leur est désormais interdit. A jamais !


Article vu 80 fois | Mettez une note à cet article !

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (Pas encore de note...)
Loading ... Loading ...



Répondre

Commentaire

Sujets les plus populaires




Acheter ce livre


Actuel *
3 sept 2008 22:10 - 23 Commentaires

Salah-Eddine Sidhoum : Œuvrons d’abord à nous réunir autour d’une plateforme de principes et de valeurs acceptées et respectées par tous

Header ‘Le Quotidien d’Algérie’
Salah Eddine SIDHOUM
“Pour nous, cette dynamique pacifique populaire de changement est en continuité avec le mouvement national authentique libérateur”

Je tiens avant tout à présenter à toutes et à tous mes compatriotes mes meilleurs vœux à l’occasion du mois sacré du Ramadhan. Que Dieu Agrée notre jeûn et nos prières pour une Algérie fraternelle, paisible et prospère pour tous ses enfants.
Au frère Amine qui s’interroge sur les méthodes pratiques pour atteindre l’objectif d’un État de droit, je dirais qu’il ne faudrait pas brûler les étapes et que toute œuvre commence par une idée et « rien n’est plus fort qu’une idée dont l’heure est venue ». Lire la suite …

Plus d'articles dans Actuel *


Actuel **
6 sept 2008 15:28 - 0 Commentaire

Harragas : 78 sur une embarcation au large de Siracuse

Logo La Repubblica
190 autres harragas débarquent à Kamarina près de Raguse

Harragas
Débarquements sans pause sur les côtes orientales de la Sicile qui ont été prises d’assauts par les ‘charettes de la mer’ des immigrés clandestins. Une embarcation avec à bord 78 personnes - dont 11 femmes - a été localisée à environ 12 miles nautiques au sud-est de Portopalo di Capo Passero (Province de Siracuse). Deux vedettes, la CP832 de la Capitainerie du port di Siracuse, la G122 de la Garde de Finance, ainsi qu’un zodiac B50 de la Capitainerie de Portopalo sont aussitôt intervenus sur les lieux. Entre cette nuit et ce matin, 189 autres harragas Lire la suite …

Plus d'articles dans Actuel **


Actuel ***
7 sept 2008 22:45 - 0 Commentaire

Pour Mahmoud Darwich

logo-imp.gif

par Akram Belkaïd
.
.
Ils ont dit : il est temps que tu traces tes lignes pour pleurer le Poète. Ignores-tu qu’il sommeille désormais dans le ventre d’une colline de Ramallah ? J’ai répondu, de l’art de l’élégie, je n’ai jamais rien appris. Priez pour la résurrection de Toumâdir, fille d’Amr. Elle, saura dire d’une traite les paroles qui captureront notre peine. Ils ont dit : nous insistons, ton silence n’est pas convenable. J’ai répondu, Ramadan approche. Ils sont nombreux à peupler mes pensées. Ali de Ténès, les anonymes aux ailes brisées des Issers et de Bouira, Isaac de Memphis. Ils ont dit : nous compatissons mais la mort du Poète est un grand malheur qui élargit la blessure purulente de son peuple.

Pour éloigner leur vacarme, j’ai récité : « Quand les martyrs vont dormir, je me réveille et je monte la garde pour éloigner d’eux les amateurs d’éloges funèbres. » Puis, j’ai lancé : « Est-ce cela que vous manigancez ? Que je profite de son absence pour trahir le Poète ? » Ils ont souri et se sont exclamés : « voilà un bien bel emprunt. C’est un bon début. Continue ! » Comme je ne pouvais fuir, je suis allé aux Roses. Lire la suite …

Plus d'articles dans Actuel ***